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LOULOU : Mannequin caméléon
06/11/06
Auteur : RMR
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La profession de mannequin ou de modèle est une activité dont on ne soupçonne que peu les tenants et les aboutissants. On admire des corps, on s’arrête sur les courbes, on rêve devant des regards inaccessibles, vantant les mérites de mille et un produits, et l’image subliminale qu’ils nous renvoient, ranime au fond de notre être, le consommateur permanent qui sommeille en nous.
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LOULOU : Mannequin caméléon
La profession de mannequin ou de modèle est une activité dont on ne soupçonne que peu les tenants et les aboutissants. On admire des corps, on s’arrête sur les courbes, on rêve devant des regards inaccessibles, vantant les mérites de mille et un produits, et l’image subliminale qu’ils nous renvoient, ranime au fond de notre être, le consommateur permanent qui sommeille en nous. Chacun a besoin de s’identifier à l’autre, sans doute parce qu’être l’autre c’est déjà mieux qu’être soi quand la force de la photo est au rendez-vous. Imaginez une publicité pour un bijou, un parfum, une voiture, un yaourt, des sous-vêtements, des médicaments, une banque ou une boisson sans personnage pour l’animer ? Impensable ! Les mannequins, qui se prêtent au jeu, ne sont-ils que des « body » (des corps) dans cette opération ? Tout dépend des modèles, tout dépend des photographes. Il y a ceux qui aiment leur métier et ceux qui s’aiment tout cours. Autant vous dire que le résultat n’est pas le même ! Nous avons rencontré LOULOU, un mannequin, pas comme les autres, une professionnelle free-lance qui a travaillé pour les plus grands et qui reste pourtant accessible à tous. A chacune des séances photos où elle est présente, elle offre plus que sa plastique, elle y met son âme, et ça se voit sur l’image. Elle est cet autre, de l’intérieur, qui nous interpelle et nous séduit. Dans la rue, vous ne vous retourneriez pas sur sa frêle silhouette fantomatique et ses 47 kg pour 1 ,71 m (90 c quand même de tour de poitrine). Son histoire est l’illustration que ce métier est beau mais difficile, qu’il faut donner sans se perdre et savoir se protéger pour les siens et pour pouvoir progresser. Loulou est originaire du Nord, de Dechy (à côté de Douai), qu’elle quitte en 1988 pour la région Rhône-Alpes. Elle s’installera d’abord dans l’Ain (à Montréal la Cluse près de Nantua, puis au Plantay, à Villars les Dombes, à Bourg en Bresse) qu’elle quitte pour Lyon en mai 2002. Elle a le coté chti de son père, la grâce de sa mère, espagnole et une farouche volonté de guerrière de la vie. Son parcours est étonnant ; la voilà à 26 ans, mère d’une petite fille de 6 ans, Oceana Marina, divorcé et seule aux commandes de sa vie. Titulaire d’un diplôme de manager commercial, sa priorité reste le mannequinât, qu’elle gère en artiste et chef d’entreprise tout à la fois. Elle a posé pour les plus grands, elle la petite fille qui se trouvait laide et qui était mise à part au banc de l’école ; elle tient sa revanche. Ses références professionnelles ? Dior, La perla, Lise Charmel, Eres, Le mondial de la lingerie… Des personnages pour une chaîne franchisée de magasin photos, des illustrations des livres et même une campagne de prévention contre la violence conjugale en Espagne ou elle doit jouer le rôle d’un cadavre !
Vous la retrouvez dans notre magazine car elle a accepté de poser pour nous, rien que pour le fun. LOULOU est un mannequin nature, qui prend plaisir à découvrir et à participer à des projets photos, aussi bien avec de grands studios qu’avec le plus inconnu des photographes amateurs. Après avoir vécu entre 2 TGV pendant 10 ans, LOULOU entend mener sa carrière de mannequin professionnelle free-lance sur Lyon, et aider sa ville de cœur, ou elle prend désormais racine. Pourquoi LOULOU ? Ce n’est pas un nom d’emprunt pour son métier, mais bien l’appellation affectueuse sous laquelle tout le monde la connaît et l’appelle : ses parents, ses amis et même sa fille sait qui est LOULOU (c’est maman !). Pourtant son vrai prénom, Laurence-Mathilde aurait du donner LOLO (pour Laurence) comme diminutif, mais celui-ci était déjà pris autour d’elle ! Et puis LOULOU a une connotation de douceur, de sensibilité et d’accessibilité. Qu’a cela ne tienne, ce sera LOULOU, et cela lui va bien.
Sa première expérience commence en mai 1996, ou, âgée de 16 ans, poussée par une amie, elle se présente à un casting et est sélectionnée par une agence parisienne. Elle habite alors Villars les Dombes et est au pensionnat st Joseph à Bourg en Bresse. Ses parents ne sont pas contre (son père est photographe) mais attention aux études… Ce contact avec le monde de l’éphémère a été une épreuve surmontée, contre toute attente, par une jeune fille complexée par son physique, boutonneuse et traitée de petite intello par ses camarades de classe. C’est la revanche de l’enfant modèle, sage, droite, discipliné. Elle se définit elle-même, à l’époque, comme un vilain petit canard maquillé par lui-même, loin de correspondre aux critères ambiants de la beauté. Elle voit des femmes superbes, tirées à quatre épingles autour d’elle, avec un maquillage de pro, et même si elles ne sont pas du même âge, elle se demande vraiment ce qu’elle a pour elle. Elle tremble, elle a peur ; elle manque de confiance en elle. La découverte se fait à Lyon, à la Part Dieu (l’agence Parisienne recrutait au Forum). Puis elle prend le train pour Paris, seule ; on lui remet un questionnaire portant sur d’autres critères que ses mensurations physiques ; Elle affronte le jury ; Elle pense à son amie qui l’a poussé vers cette aventure, projetant son rêve inaccessible de femme fatale sur celle qui sera bientôt LOULOU. Sa vocation professionnelle était pourtant d’être médecin généraliste, pour l’indépendance, les horaires et le facteur humain aider les autres, vouloir soigner tout le monde. Déjà à l’internat, ou elle dormait peu, elle avait sa trousse de médicaments, ou elle soignait les pensionnaires malades, en douce, la nuit.
Sa vocation s’affirme en 1998 / 99 et naît de sa rencontre, à l’occasion d’un nouveau casting avec un photographe qui deviendra son Pygmalion. Cette fois, c’est LOULOU qui participe. Elle aime relever les défis ; Cette fille de l’extrême qui saute en élastique (et même en tandem !) alors qu’elle ne peut pas monter sur une chaise pour changer une ampoule tant elle a le vertige, pratique les arts martiaux (surtout le taekwondo) autant de disciplines qui lui ont donné une musculature et une hygiène de vie indispensable à son orientation. Ce goût du sport qu’elle a pris toute petite à l’école en commençant par la lutte, qui lui permet de s’imposer. « Grâce à la technique, il suffit d’être intelligent pour devenir plus fort que l’autre » aime t-elle affirmer. Elle découvre que cette intelligence est une force plus puissante que la musculature. Cela devient une philosophie, qu’elle appliquera désormais dans tous les rapports humains. Les arts martiaux deviennent pour elle un art de vivre, qui lui permet de dominer et de canaliser ses émotions. Pour ce 2ème casting, elle doit s’acheter des tenues et elle est perdue ! heureusement, alors quelle rentre le samedi dans un magasin bondé de Bourg, elle explique son cas à 3 vendeuses qui la prennent en charge et qui se consacrent à transformer la petite fille sage sortant de son couvent de bonnes sœurs, en vamp irrésistible ! La tenue de soirée, le maillot de bain et la petite jupe courte avec lesquelles elle ressort vont transformer son existence. Lors du shooting, le photographe remarque sa tablette abdominale hallucinante, son corps mince, musclé et sec. Elle va tout apprendre, jusqu'à enlever son soutien gorge sans rougir ;
La grossesse l’embellit, la rajeunit, la transforme. Son visage poupon séduit les photographes (comme sa poitrine) elle fait le plein de conseils, trucs et astuces. Elle apprend à se mettre en valeur, à faire parler les émotions, à être belle de l’intérieur d’abord, à faire ressentir sa nature, plutôt que de la travestir ou de la cacher. Etre naturelle pour être belle, c’est cela le défi pour une personne qui manque de confiance en elle. Sa priorité et d’aller au bout des choses, au bout de la passion, de sa passion et d’en vivre le plus longtemps possible. Poser devient comme une drogue. LOULOU a toujours été rejetée à l’école ; elle a subit les enfants, qui la traitaient de moche, d’intello et qui étaient violents avec elle. Il lui faut sa revanche de ceux qui l’ont mis à l’écart, alors, c’est décidé, elle deviendra modèle. Puisque que je suis modèle, il faut que je devienne modèle en tout et que le bon triomphe pensera-t-elle !je ne suis pas quelqu’un de mauvais et je vais faire triompher ce bien. Finalement, elle se rend compte que d’être une petite fille modèle, c’est peut être une qualité. Il faut être naturelle et utiliser cette apparence comme une arme. Alors LOULOU décide d’utiliser son potentiel. Elle apprend à développer les techniques de prises de vue et faire preuve de moins de pudeur ; la relation, avec le père, photographe, s’évanouit. Tout va très vite dès lors ; elle constitue son book, assume ses premières missions, enchaîne les défilés, travaille pour les créateurs, c’est l’époque de la thérapie et du métier qui s’affirme. Ce métier sera interrompu par le plus grand défi qu’elle ait eu relever : mettre au monde un enfant lors d’un accouchement ayant duré près de 48 h ! Elle à 20 ans ! Elle prend 13 kg pour sa grossesse généreuse puisqu’elle allaite son bébé). Avec ce coté jeune mère innocente, elle cartonne dans les castings. Grâce à un mari ingénieur en informatique, elle se crée un site Internet ; Elle sera un des tous premiers mannequins free-lance à développer sa notoriété via le Web à compter de 2001. En devenant free-lance, elle tape aux portes des établissements parisien et abandonne le travail en agence, fonctionne grâce au bouche à oreille. A 23 ans, sa rencontre avec Damien L., en 2003, sera déterminante et fusionnelle. Rien que cette année, elle pose pour DIOR (lunettes et T-shirt mousseline), pour ERES (lingerie qui révèle la femme enfant), La PERLA (bas et collants plus que sous-vêtements), Lise CHARMEL (en lingerie coquine et sensuelle) et défile pour ANITA (marque allemande) au mondial de la lingerie (Lyon mode city). Elle fait le tour de sa féminité révélée. Elle devient l’égérie du photographe des grandes marques, qu’elle qualifie d’anticonformiste et de Picasso de la photo. Elle est son complément ; elle est son émotion visuelle permanente. Il l’a coache dans son émotivité, lui tire les larmes. Un artiste a rencontré une artiste. Au moment où les premières photos des grandes marques de prestige utilisant son image paraissent dans la presse nationale, elle pense déjà que c’est du passé ! Elle a repris ses études commerciales et refuse Yves rocher, Roger Cavaillès… pour achever son cursus ! Elle découvre, par une amie, commerciale, son image dans un magasin d’optique DIOR ! Elle termine ses études, c’est chose faite en juin 2006 ! Depuis, sa carrière reprend, et elle reprend sur Lyon exclusivement. Elle nous dit toute l’envie qu’elle a de s’investir à Lyon et d’offrir à cette ville une autre image de la profession, celle d’un mannequin non stéréotypée. Elle veut casser cette image des filles filiformes, au teint pâle, qui se nourrissent à l’anorexie, qu’elle a en horreur ; « un mannequin est avant tout une fille saine et les privations de nourriture donne à la peau un aspect terne et un rythme d’effort ou le sport est condamné ». Déjà, elle a tourné dans 2 courts métrages l’été dernier. Relatifs aux arts martiaux et à la lutte, 2 premiers rôles, normal pour une guerrière de la vie… Elle qui adore Angélina Jolie et Tomb Raider, cela ne pouvait pas mieux tomber. « Son idéal féminin ? Accepter sa masculinité (c’est son côté guerrière) ». « Son idéal masculin ? Accepter sa part de féminité ; l’homme est un artiste poétique ! ». Mais comment arriver à assumer ce coté femme sans perdre ses repères ni susciter des réactions déplacées dans ce métier ? « Il faut apprendre à être inaccessible pour les hommes quand on est attirante ; il faut encore être plus prudente, garder la tête froide dans un corps chaud. Il faut savoir maîtriser la séduction et la sollicitation ». Elle se reconnaît comme défaut le fait de fumer, d’être impulsive et capricieuse (elle a horreur qu’on lui dise non). LOULOU aimerait visiter l’Australie, parce qu’elle reste une terre sauvage, couverte de grands espaces, avec peu d’habitants, avec ce contraste des capitales riches et productives, plus que l’Afrique, ou la pauvreté est le lot de chacun et gâche le rêve. Elle a la fibre écolo et le revendique. Elle est nature et accessible ; c’est ça, la nouvelle génération de mannequin free-lance. Comment se protéger dans la vie ? « En étant un homme (avec les copains), une mère (avec les copines)» répond-t-elle, en partant d’un grand éclat de rire ! A la dernière question que je lui pose : « Encore un défi à relever ? », elle répond sans détour : « Oui, être heureuse ! C’est le défi de chacun d’entre-nous ; Il faut savoir dénicher le bonheur dans les moindres petites choses du quotidien. Le trouver n’est pas forcement inaccessible, le bonheur, c’est d’abord ce qu’on a». LOULOU est un vrai cordon bleu en cuisine (elle tient ça de sa grand-mère) adore le bœuf bourguignon, les lasagnes et la salade lyonnaise. Bien quelle soit pas trop dessert, elle a une petite recette de poire à la vanille bourbon… j’oubliais, elle joue de l’orgue électronique et compose des chansons ! Allez, j’arrête là, sinon vous allez être jaloux ! Malgré un début de gangrène du genou jeune, une infection du sein et un accouchement abominable, LOULOU est restée la plus belle, parce qu’elle a su le vouloir, y croire et devenir elle-même. Vous voyez, on peut être mannequin autrement. Et maintenant elle attend que vous l’appeliez…
Toutes les photos qui suivent on été prises le même jour, au même endroit (boutique SHOGUN Lyon 6, Avenue de saxe) entre 12h et 17h, c’est dire le côté caméléon du mannequin, qui a réussit, sans maquilleuse ni coiffeuse, a se glisser dans la peau de plusieurs personnages le temps d’un shooting !
mail Loulou